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© Akatre et Dorothée Thébert

Studio Jorge Donn

 Hors Abonnement 
du 16 au 18/12 2010
 

Perrine Valli

Association Sam-Hester
Je pense comme une fille enlève sa robe (2009)
 

avec le soutien de la Fondation BNP Paribas

 

En empruntant son titre à Georges Bataille, la jeune chorégraphe franco-suisse Perrine Valli évoque dans Je pense comme une fille enlève sa robe un sujet de société dur et délicat, celui de la prostitution.
Dans cette démarche, aussi personnelle que poétique, elle est accompagnée d’une créatrice sonore, Jennifer Bonn, et travaille au carrefour des arts plastiques, du chant et de la performance. Le corps prostitué est abordé sous plusieurs angles : le toucher, la limite qui distingue l’espace privé de la sphère publique, la nudité, l’identité sexuelle. Le corps prostitué en somme, colonisé par le corps client de l’homme, ici représenté par des figurines en papier blanc, de celles que l’on découpe pour en faire une frise ou par la grâce de projections vidéos minimalistes — scène magique de petits personnages s’engouffrant dans le corps ou jouant avec. Un spectacle intrigant, troublant et sensible.

 

La ténacité de Perrine Valli à rester sobre est déjà un exploit. Pas de touche érotique ou pornographique à la mode. Non plus de féminisme primaire ou sentimental. (…) Ces facilités, la jeune chorégraphe les tient à bonne distance.
Rosita Boisseau, Le Monde

 

À rebours des clichés, Perrine Valli traque l’âme, c’est-à-dire le souffle, de celle qui s’ouvre pour survivre. Elle suggère l’aliénation. Mais aussi un ailleurs, la face sauvée de l’ange des pavés : là où elle recouvre un visage. Et comme un espoir.
Alexandre Demidoff, Le Temps