Toboggan/Décines
Herman Diephuis
Entre les longues vierges éthérées du Quattrocento et les silhouettes provocantes des top-models du XXIe siècle, rien n’a changé. La beauté féminine demeure une projection fantasmée du désir masculin, dont les images contradictoires piègent même celles qui les refusent. Constater que ces archétypes, différents selon les époques, continuent de s’imposer à l’imaginaire collectif ne suffit pas. Tel un entomologiste, Herman Diephuis décortique la façon dont ils s’incarnent dans les corps. Il demande dans Ciao Bella à cinq danseuses et performeuses d’exception de s’approprier jusqu’à l’absurde ces références esthétiques successives. Ici l’humour pince-sans-rire du chorégraphe touche très juste, dépliant un constat insolent et pétillant sur les jeux d’apparences. La musique intègre des chansons cultes comme celles d’Olivia Newton-John, Madonna ou des Bee Gees, mais aussi la partition du Lac des Cygnes. Les interprètes s’en donnent à cœur joie, et manipulent les clichés pour le plaisir du public amusé et conquis.
Une force secrète anime ce spectacle : elle a trait à ce que chaque spectateur peut, veut, ou imagine voir, jamais forcé, dans une pièce finalement très libre. Et réjouissante.
Gérard Mayen, Mouvement.net
Les cinq interprètes, plus attirantes les unes que les autres, se font un malin plaisir de prendre la pose, de s’identifier parfaitement aux stéréotypes. (…) Sur des valses de Vienne ou des musiques de film, elles se marrent, à se rouler par terre.
Marie-Christine Vernay, Libération



