Grande Salle
Michel Kelemenis
Cherchant toujours un dialogue de la danse avec les écritures musicales, le nouveau spectacle de Michel Kelemenis s’affiche dans la continuité de son parcours. Pour ce projet partagé avec le compositeur contemporain Philippe Fénelon, le chorégraphe a puisé son inspiration dans la fièvre des corridas et le pasodoble bien sûr, danse et musique de contrastes, entre ombre et lumière, entre accords majeurs et accords mineurs. Clarinette, trompette, accordéon, contrebasse et percussions tracent une image de l’Espagne, aussi sombre et profonde que prompte à l’expression éclatante des passions. Les mêmes passions s’expriment par la fantaisie des costumes d’Agatha Ruiz de la Prada, qui s’impose par l’identité si particulièrement hispanique de son trait et sa palette de couleurs saturées. Sur un grand cercle doré, à la fois arêne, soleil et scène de cabaret, la danse de Kelemenis mêle des ensembles d’une grande intensité, ponctués d’humour notamment avec des personnages caricaturaux : une femme taureau, le picador, le matador, des amoureux «goyesques» et un maître de cérémonie.
À notre époque où la danse n’est plus liée à la musique, où elle s’économise sur les plateaux, Kelemenis demeure un amoureux du geste choisi et libéré, de l’écriture et de la dramaturgie.
Sophie Lesort, La Croix
Aphorismes géométriques [son spectacle précédent] restera en mémoire comme un moment de grâce, de légèreté, dans la longue marche des festivals estivaux. (…) Une simplicité totale, une danse d’une grande clarté.
Marie-Christine Vernay, Libération




