Toboggan/Décines
Cie Caterina Sagna
En mêlant à la danse un théâtre nourri d’une ironie grinçante, la chorégraphe italienne Caterina Sagna perce une voie originale qui la distingue de ses pairs. Sa dernière pièce Basso Ostinato est une farce cruelle autant qu’un précis de danse. Trois hommes fument, boivent jusqu’à l’ivresse et rigolent ensemble. Des éventuels problèmes de calvitie des danseurs étoiles, jusqu’aux incidents intestinaux en plein travail à La Scala, l’ambiance est carrément triviale. Bientôt, les gestes qu’ils effectuent pour se saisir des verres, éliminer la cendre des cigarettes ou raconter une anecdote, deviennent à force d’être répétés, un rien plus ostensibles. Les objets s’échappent, les mouvements comme les dialogues partent en vrille, l’humour vire au noir. Mais rien de tragique à cela, au contraire, on rit sans cesse. Il y a quelque chose de la vanité, mais aussi de la Commedia dell’arte dans l’ironie fine qui accompagne chaque geste, chaque mot.
Basso Ostinato est sans doute la meilleure pièce de la jeune Italienne, portée par une écriture maîtrisée de bout en bout et par un trio d’interprètes remarquablement engagés. (…) Imparable.
Maïa Bouteillet, Libération
Il y a une telle intelligence sous-jacente que ce drame, aussi noir soit-il, fascine par sa singularité. Le trio de danseurs sur scène est tout simplement exceptionnel, et la vision de leurs passe d’armes, gestes fusionnels sur les musiques de Marais ou Boccherini, vous poursuit bien après leur salut.
Philippe Noisette, Danser




