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© GTG/Isabelle Meister

Grande Salle

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du 12 au 17/02 2008
 

BALLET DU GRAND THÉÂTRE DE GENÈVE

Coppélia (2006)
 

Le Ballet du Grand Théâtre de Genève continue de démontrer à la fois son engagement dans la création contemporaine et la relecture audacieuse d'œuvres majeures du répertoire. Après son triomphe à la Maison de la Danse avec le programme Teshigawara, Foniadakis et Cherkaoui, grand retour avec une Coppélia épatante. Figure émergente de la chorégraphie en Suisse romande, Cisco Aznar a relevé un défi de taille en acceptant de revisiter ce ballet pour Genève. Inspiré du plus célèbre conte d'Hoffman, ce chef d'œuvre sur la partition de Léo Delibes a déjà bénéficié de relectures marquantes, à commencer par celle de Roland Petit en 1975 et celle de Maguy Marin en 1993. D'origine catalane, Cisco Aznar et son complice Luis Lara, qui signe les fantastiques décors et costumes, lorgnent du côté de la BD kitsch, de la folie tragique et d'Almodovar. Leur délicate mission de remettre en piste la poupée Coppélia est une formidable réussite ! Ils transposent le ballet d'Arthur Saint-Léon dans un univers d'une modernité et d'une originalité époustouflantes. Le rideau de scène donne d'emblée le ton : l'histoire s'est déplacée sur le plateau télé d'une émission intitulée malicieusement Le plus beau jour de ma vie. Et le couple de présentateurs déjantés qui apparaît confirme alors que la suite sera ébouriffante. Ballet des ouvriers de chantier casqués et des femmes de ménage à balais, Coppélius et Coppélia comme s'ils étaient sortis des mains de Frankenstein, une gitane en transe, des échassiers... Et sur l'écran, Blanche-Neige et les sept nains de jardin ! Car action scénique et projections virtuelles sont en constant dialogue dans cette version vidéo-chorégraphique à la fois touchante et cruelle, comme le sont les contes.

 

La Coppélia du Ballet du Grand Théâtre de Genève est une pure merveille ! Cisco Aznar n'a lésiné ni sur le jeu théâtral, ni sur la danse, mettant au service de sa narration numéros d'acteurs, pointes, pas de deux, ensembles et morceaux de bravoure. Toute la compagnie s'éclate, masquée ou pas, dans les fabuleux costumes de Luis Lara.
Benjamin Chaix, La Tribune de Genève


La Coppélia de Cisco Aznar semble tout droit sortie du film L'Étrange Noël de Mister Jack. Très loin de l'image de la poupée aux yeux de porcelaine, elle a le visage couturé de partout et une chevelure vermillon. (…) Bourrée de références, cette Coppélia se trouve à la croisée des chemins du divertissement kitsch et de la fable caustique. Une relecture franchement réjouissante à l'univers déjanté.
Gallia Valette-Pilenko, Danser


La musique de Léo Delibes se prête à des mambos qui gonflent les jupons et supporte même qu’une bande son contemporaine la hache menue. Des films, des ponctuations graphiques cocasses, rythment le ballet en épaississant sa trame. Le clin d’oeil met parfois la larme à l’oeil. Jusqu’à rendre touchant Coppélius, plus amoureux que diabolique dans son hôpital-cabaret pour poupées Barbie brisées.
Rosita Boisseau, Le Monde


Pourquoi cette Coppélia-là endiable-t-elle tant ? Cisco Aznar, Luis Lara qui signe décors et costumes et le cinéaste David Monti brillent dans l’illusionnisme. Ils savent rendre évident le passage de la scène au film, de la superficialité de la fable aux abysses du fantasme. Mais il n’y a pas que ces prodiges. Il y a une lecture de l’oeuvre, pertinente et personnelle. (…) Inoubliable.
Alexandre Demidoff, Le Temps