© DR

Une maison
_____________________________________________________________

Le 17 juin 1980 ouvre à Lyon la première Maison de la Danse en France. C’est l’aboutissement d’un pari un peu fou lancé dès 1977 par cinq chorégraphes lyonnais, unis pour défendre la danse. Des protagonistes qui revendiquent alors ce qui n’existait pas : un lieu à part entière pour cet art. La Ville de Lyon et son Adjoint à la Culture Joannès Ambre s’intéressent au projet et concèdent une ancienne salle des fêtes à la Croix-Rousse. La direction artistique est confiée à Guy Darmet. Le succès de la première saison dépasse les prévisions les plus optimistes. À la volonté de la Ville de Lyon et du Conseil général du Rhône se sont ensuite associés le Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Rhône-Alpes et d’autres partenaires.

L’importance d’un espace pour la danse est démontré. Le public, les professionnels, les institutions et les médias témoignent de l’intérêt porté à l’originalité de l’entreprise. Sa résonance devient nationale et internationale.

L’un des grands moments du développement de la Maison est le passage du Théâtre de la Croix-Rousse au Théâtre du 8e en septembre 1992. Une belle preuve de confiance de la Ville de Lyon et du Ministère de la Culture. Elle trouve là une scène et une salle à sa mesure. Changement de lieu mais unité de ligne artistique. Son directeur, Guy Darmet, a maintenu contre vents et marées le cap d’une maison vouée à toutes les danses. Sans hiérarchie de style, sans barrage de frontières. Proposant chaque saison une programmation où se croisent et se confrontent les danses et les esthétiques les plus diverses, depuis les créations jusqu’aux spectacles les plus populaires, avec comme critère premier, l’exigence artistique. À la Maison, on veille à ce que le néo-classique, le classique demeurent présents, on reste à l’écoute de la modern dance américaine, on suit les évolutions de la danse jazz, du flamenco, du butho. La Maison a été la première à faire venir la tap dance, elle a aussi participé à l’émergence de la danse hip hop à laquelle elle a accordé beaucoup d’attention avec l'organisation des rencontres Danse Ville Danse.

La belle aventure artistique et humaine de la Maison de la Danse se poursuit au lendemain de la célébration de son 25e anniversaire. Fidèle à sa mission originale de faire découvrir et aimer la danse au plus grand nombre, forte de la confiance d’un public toutes générations confondues, la Maison entend poursuivre son développement. Aujourd’hui, demain, ouvrir encore les frontières de son hospitalité dans son soutien aux artistes. Avec générosité et obstination.

Pas de deux avec le public
Une liberté d'engagement qui n'aurait pas été possible sans la confiance du public. Une belle fidélité qui culmine pour la saison 2004-2005 avec 15 855 abonnés et 178 000 spectateurs. La politique d’abonnement conçue comme un parcours initiatique accompagne le choix des spectateurs. La Maison de la Danse a rendu la danse populaire. On lui donne aussi le rôle de grande sœur, de conseillère pour tout événement de danse touchant un large public. Ainsi, elle tente avec Arte l'aventure d'un spectacle de danse retransmis en direct le 27 novembre 2002 à une heure de grande écoute. Bilan positif : 500 000 téléspectateurs. Après ce succès, l'aventure est renouvelée en novembre 2004 avec 1 000 000 spectateurs.

Le renforcement des coréalisations avec d’autres scènes
Les coréalisations naissent entre la Maison de la Danse et d’autres scènes d’une envie commune d’accueillir une même compagnie et se traduisent par la mise en commun des moyens que nécessite la présentation du spectacle. Depuis de nombreuses années, la Maison développe de vrais partenariats avec le Théâtre des Célestins, le GRAME, Le Sémaphore à Irigny, le Théâtre de la Croix-Rousse, l’Opéra National de Lyon ou l’Auditorium. Mais le lien le plus fort est celui qui lie la Maison de la Danse avec le Toboggan à Décines. Ainsi, Le Toboggan «Plateau pour la danse» accueille en coréalisation avec la Maison de la Danse un nombre croissant de productions adaptées à son espace scénique et à la capacité de sa salle. Les publics lyonnais et décinois comme les artistes se réjouissent de ce type de projets menés dans la confiance et en toute amitié par les deux équipes. Cette saison 2005/06, Philippe Jamet, Lia Rodrigues, Raimund Hoghe, Lin Yuan Shang et Yasmeen Godder sont les invités de la Maison de la Danse et du Toboggan.

Les jeunes générations, le public de demain
La soif de danse cela se communique. Aussi la Maison irrigue-t-elle les jeunes générations afin de leur donner au-delà du bonheur immédiat d'un spectacle, les moyens d'en apprécier la place dans l'histoire de la danse. Le jeune public est chez lui à la Maison avec les matinées scolaires (20 673 enfants accueillis lors des 36 représentations Jeune Public de la saison 2004/2005). Les spectacles sont préparés avec les enseignants, lors d'ateliers et de rencontres pédagogiques. Sans oublier le succès des abonnements Complices (plus de 2 000 en 2004/2005) réunissant pour des moments magiques les parents et leurs enfants.
La Maison tisse des liens privilégiés avec des établissements scolaires ayant des projets danse : les Mjc, les Iufm, l'Ufrstaps.
Elle s'engage aux côtés du Cnd à mettre en œuvre la formation artistique et culturelle des élèves inscrits dans l’option danse du Lycée Récamier. Elle a initié un parcours de formation à la transmission des danses de la culture hip hop, ouvert à vingt jeunes danseurs à la demande de la Drac et de la Préfecture.

Avec le monde de l’entreprise
La Maison affiche un taux d’autofinancement de plus de 60 %. Un tel résultat n’est réalisable qu’avec la confiance et la fidélité de ses spectateurs mais aussi avec l’aide précieuse du monde de l’entreprise.
La structure bénéficie en terme de mécénat du soutien financier de la BNP Paribas (prix Télérama des oscars du mécénat 2002) depuis 1986, de la Fondation BNP Paribas qui soutien le nouvel espace de programmation : le studio Jorge Donn, de la Holding Textile Hermès, d’Air France, transporteur officiel de la Maison de la Danse et du Club Mécènentreprise composé de onze entreprises fidèles.

Lieu de rencontres
Lieu de rencontres entre le public et les créateurs, la Maison de la Danse propose, dans ses temps forts, des rencontres avec les artistes.
Sans oublier les actions solidaires. En partenariat avec le Service d’insertion et de probation des prisons de Lyon, la Maison pilote la présentation de spectacles et la mise en place d’ateliers hebdomadaires pour les femmes détenues de la Maison d’Arrêt de Montluc. Et depuis 2001, la Maison fait partie des toutes premières structures culturelles partenaires de Cultures du Cœur, elle offre des places de spectacles et mobilise son équipe pour un accompagnement culturel des bénéficiaires.

Lieu de mémoire, l'image au cœur
Dès 1980, la Maison de la Danse s’intéresse à la vidéo, notamment en entreprenant un travail d’archivage des spectacles, qui se poursuit toujours avec le même vidéaste, Charles Picq. En 1990, la Maison crée une vidéothèque, première du genre en France. Aujourd’hui, ce fonds, constamment enrichi par de nouvelles acquisitions et par la production de nouvelles archives, compte plus d’un millier de références. Une partie importante est directement accessible au public en libre consultation. Tous les gourmands ont pu voir quelques trésors en dînant au vidéo-bar Ginger et Fred ou en assistant depuis trois ans à des projections dans la salle Jacques Demy.
Le public scolaire est également invité à des vidéo-conférences conçues sur mesure et se trouve ainsi convié à aiguiser son regard.

La Maison de la Danse est ainsi devenue une référence en matière de transmission de la danse par l’image, dans la multiplicité de ses usages. Elle s’adresse au grand public comme aux professionnels et au monde de l’éducation, scolaire et universitaire.

Les nouveautés de la Maison

Un nouvel espace de programmation, le studio Jorge Donn
Depuis son installation au Théâtre du 8e en 1992, la Maison de la Danse met à la disposition des compagnies invitées, un espace de répétition ou de résidence d’une superficie de 300 m2. Le studio Jorge Donn, situé entre les bâtiments de la Mairie et celui de la Maison, était jusqu’alors réservé exclusivement aux artistes et ne pouvait accueillir de spectateurs. En accord avec la Mairie du 8e et grâce au soutien de ses partenaires –la Ville de Lyon, la Région Rhône-Alpes et la Direction Régionale des Affaires Culturelles- la Maison de la Danse réalise dans ce studio des travaux d’aménagement, qui permettront dès le mois de septembre 2005, d’élargir ses activités.

En plus des répétitions, des auditions ou des stages, la présentation de spectacles émergents ou plus intimes au grand public ou aux professionnels sera désormais possible dans les meilleures conditions. Un gradin modulable de 92 places sera installé, ainsi qu’un équipement technique, son et lumière. Le public investira ce nouvel espace pour découvrir cette saison 2005/06 les spectacles de Catherine Diverrès, Sylvie Giron et Yan Raballand, Aïcha M'Barek et Hafiz Dhaou, Brahim Bouchelaghem.

Les projections vidéo avant et après les spectacles salle Jacques Demy
En trois années d’exploitation, la programmation riche et aventureuse de la salle Jacques Demy connaît un franc succès. Chaque soir, une trentaine de personnes découvre des films inédits, de grands documentaires, ou les trésors de la vidéothèque de la Maison de la Danse et ses œuvres de référence. Afin d’accueillir plus de spectateurs encore, cette saison, c’est avant et après les spectacles que les vidéos sont projetées. En 2005/06, la salle Jacques Demy continue d’accueillir également des vidéo-conférences destinées au public des écoles.

Un DVD destiné au public des écoles et au réseau culturel
Outil novateur de sensibilisation à l’art chorégraphique, «Le Tour du monde en 80 danses» est une vidéothèque de poche, un outil précieux pour l’éducation artistique. Il est l’aboutissement d’une expérience et d’un savoir-faire acquis depuis de longues années grâce aux nombreuses actions de sensibilisation et actions pédagogiques développées autour des spectacles à la Maison de la Danse. Dès la rentrée 2005, enseignants, éducateurs, responsables de bibliothèques et de médiathèques, directeurs de théâtres, peuvent se procurer cet outil, réalisé par l’équipe de la Maison avec le concours de collaborateurs avisés. «Le Tour du monde en 80 danses» s’appuie sur une collection de 80 séquences vidéo, extraits de films et de spectacles couvrant un large panorama de danses du monde, et invite l'utilisateur, par le jeu des combinaisons croisées, à une véritable exploration des richesses et des potentiels pédagogiques de l'art chorégraphique de tous les continents. Le DVD est distribué en région et sur l’ensemble du territoire par des réseaux professionnels, dans les écoles maternelles, les collèges, les lycées, les universités ou les institutions culturelles qui souhaitent l’utiliser, dans le strict cadre de leur établissement.




«25 ans après, nous avons réalisé tellement de belles choses, vécu tellement de belles rencontres, fidèles à l’histoire de cette Maison, cela nous rend encore plus attentifs aux créateurs d’aujourd’hui et de demain.»