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Elève
de Rosella Hightower à Cannes dès 1965, il reçoit
un enseignement classique et trouve son premier engagement chez Alfonso
Cata au Ballet du Grand Théâtre de Genève en 1969.
L'année suivante il danse dans la compagnie de Félix Blaska
puis entre aux Ballets du XXème siècle de Béjart
à Bruxelles. L'expérience dure deux ans et se prolonge dans
le groupe Chandra (où travaillait aussi Maguy Marin).
De retour à Paris en 1974, Dominique Bagouet prend des cours avec
Carolyn Carlson et Peter Goss. Il danse aussi dans les compagnies de Joseph
Russillo, Anne Béranger et Peter Goss. Il part ensuite aux Etats-Unis
où il découvre les techniques issues des écoles américaines,
entre autres avec Jennifer Muller et Lar Lubovitch.
En 1976, à son retour en France, il présente sa première
chorégraphie : chansons de nuit au Concours de Bagnolet
et remporte le premier prix avec mention recherche. Il fonde alors sa
propre compagnie. Pour la faire vivre, il va enchaîner les créations
à un rythme très soutenu qu'il déplore. Jusqu'en
1979, il crée quatorze pièces, parfois dans l'urgence et
pas toujours de façon satisfaisante.
Avec sous la blafarde, le jeune chorégraphe commence
à s'imposer et trouve un havre : la ville de Montpellier qui accueille
la compagnie et lui donne les moyens d'exister puisqu'il est invité
à mettre sur pied et à diriger le Centre chorégraphique
régional de Montpellier. Il créera d'ailleurs dans cette
ville le Festival International Montpellier Danse qu'il dirigera
jusqu'en 1982.
Dominique Bagouet va alors créer certaines des pièces les
plus marquantes de la chorégraphie contemporaine française,
d'insaisies (1982) jusqu'à necesito,
pièce pour grenade (1991), ultime commande réalisée
pour célébrer le 500ème anniversaire de la ville
espagnole.
Avec des pièces comme déserts d'amour (1984),
le crawl de lucien (1985) ou assaï (1986),
Dominique Bagouet impose clairement sa personnalité et son style.
Toutes ces pièces sont marquées par un style gestuel très
particulier, parfois qualifié de "néo-baroque"
, mais surtout très recherché et subtil. La démarche
chorégraphique de Dominique Bagouet compose le mouvement de très
nombreux petits gestes (jeux des pieds et des mains, inclinaison particulière
du torse..) sans aucun maniérisme et d'une redoutable précision.
Autre constante, le chorégraphe a toujours su s'entourer d'artistes
au talent reconnu. Il y eut Christian Boltanski, Pascal Dusapin pour le
saut de l'ange (1987), Tristan Murail pour déserts
d'amour ou l'actrice Nelly Borgeaud pour le superbe meublé
sommairement (1989), adaptation chorégraphique d'un roman
d'Emmanuel Bove.
Avec Charles Picq, il a réalisé deux films : tant
mieux, tant mieux ! (1983) et dix anges, portraits
(1988, d'après le saut de l'ange).
S'il y avait un style Bagouet, il résiderait également dans
cette curiosité qui a marqué toute une génération.
En 1993, les danseurs de sa compagnie fondent les carnets bagouet
afin de préserver et de transmettre le patrimoine artistique du
chorégraphe. Ils proposent le répertoire à d'autres
compagnies et remontent des pièces de Dominique Bagouet (jours
étranges en 1993, assaï en 1995, meublé
sommairement en 2000).
Extrait de 99 biographies pour comprendre la jeune
danse française les saisons de la danse hors série été
97.
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